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Que vérifie le contrôleur lors d’un contrôle électrique ? Le guide pratique en Belgique

Vous venez d’acheter une maison, vous préparez une rénovation ou vous devez faire contrôler votre installation électrique ? Il y a de fortes chances que vous vous posiez cette question : qu’est-ce que le contrôleur va réellement vérifier le jour du contrôle ?

Faut-il que toutes les prises fonctionnent ? Est-ce que le tableau électrique doit être neuf ? Que se passe-t-il si les schémas électriques sont absents ? Et surtout, comment savoir si son installation est prête ?

En Belgique, le contrôle électrique vise à vérifier que l’installation respecte les prescriptions de sécurité du RGIE, le Règlement général sur les installations électriques.

Mais rassurez-vous : il ne s’agit pas simplement de regarder si les prises et les interrupteurs sont bien en place. Le contrôleur examine plusieurs aspects de l’installation, consulte les documents disponibles et réalise des vérifications techniques à l’aide d’appareils de mesure.

Je vous explique les principales étapes, les points auxquels il faut faire attention et les bonnes habitudes à adopter pour préparer votre contrôle sereinement.

1. Pourquoi faut-il faire contrôler son installation électrique ?

Le contrôle électrique a avant tout un objectif : s’assurer que l’installation présente un niveau de sécurité conforme aux exigences réglementaires applicables.

Une installation peut fonctionner parfaitement et pourtant présenter des défauts.

Un disjoncteur mal dimensionné, une mise à la terre insuffisante ou une protection différentielle inadaptée ne provoquent pas nécessairement de problème visible au quotidien. Pourtant, ces défauts peuvent augmenter les risques d’électrocution ou d’incendie.

Le contrôle permet donc de vérifier des éléments que l’on ne peut pas toujours identifier simplement en utilisant les équipements de la maison.

En Belgique, un contrôle par un organisme agréé est notamment requis :

  • avant la mise en usage d’une nouvelle installation ;
  • lors de certaines modifications ou extensions importantes ;
  • périodiquement, généralement tous les 25 ans pour les installations domestiques concernées ;
  • lors de la vente d’une habitation, dans les situations prévues par le RGIE ;
  • lors d’une demande de renforcement de la puissance de raccordement, selon les conditions applicables.

Les modalités varient selon le type de contrôle et l’historique de l’installation. Une ancienne installation ne relève donc pas nécessairement des mêmes règles qu’une installation neuve.

2. Première étape : le contrôleur examine les documents électriques

Avant même de vérifier les prises et le tableau, le contrôleur doit pouvoir disposer des documents nécessaires à son intervention.

Pour une installation domestique, deux documents sont particulièrement importants : le schéma unifilaire et le plan de position.

Le schéma unifilaire

Le schéma unifilaire représente l’organisation électrique de l’installation.

Il permet notamment d’identifier :

  • les différents circuits ;
  • les dispositifs de protection associés ;
  • les caractéristiques des canalisations ;
  • les prises, les points lumineux, les interrupteurs et les équipements représentés.

Le contrôleur peut ainsi comparer ce qui est indiqué sur le document avec ce qui a réellement été installé.

Si le schéma indique qu’un circuit alimente les prises du séjour, par exemple, il doit être possible de retrouver une installation cohérente avec cette représentation.

Le plan de position

Le plan de position montre où se trouvent les éléments électriques dans les différentes pièces de la maison.

Il permet de localiser les prises, les interrupteurs, les points lumineux et les autres éléments concernés.

Les deux documents sont complémentaires : le schéma unifilaire décrit l’organisation de l’installation, tandis que le plan de position permet de retrouver les éléments sur place.

Et si les documents sont absents ?

C’est une situation fréquente dans les maisons anciennes, notamment lorsque les plans ont été perdus au fil des années.

Il faut toutefois distinguer les situations.

Lors d’un contrôle de conformité d’une installation neuve, les documents requis doivent être disponibles. Lors d’un contrôle réalisé dans le cadre de la vente d’une habitation ancienne, le RGIE prévoit des dispositions particulières lorsque les schémas et les plans ne peuvent pas être présentés.

L’absence de documents ne doit donc pas être interprétée de la même manière dans toutes les situations. Il est préférable de vérifier les exigences applicables à votre contrôle plutôt que de supposer qu’un simple croquis suffira.

3. Le tableau électrique : un point essentiel du contrôle

Le tableau électrique constitue l’un des éléments les plus importants de l’installation.

C’est là que se trouvent les protections qui permettent d’alimenter les différents circuits tout en limitant les risques liés aux défauts électriques.

Le contrôleur examine notamment les éléments suivants.

Les disjoncteurs

Les disjoncteurs protègent les circuits contre les surintensités, notamment les surcharges et les courts-circuits.

Le contrôleur vérifie que les protections sont adaptées aux caractéristiques des circuits qu’elles alimentent, en tenant compte notamment des conducteurs et des conditions de l’installation.

Un câble doit être protégé de manière appropriée. Installer un disjoncteur de calibre trop élevé par rapport au circuit peut compromettre cette protection.

Les interrupteurs différentiels

Les interrupteurs différentiels jouent un rôle essentiel dans la protection contre les courants de défaut.

Le contrôleur vérifie notamment leur présence, leurs caractéristiques et leur adéquation avec les exigences applicables à l’installation.

Il contrôle également leur fonctionnement au moyen des vérifications et essais prévus.

Un différentiel qui semble fonctionner parce que son levier est en position enclenchée n’est pas nécessairement suffisant : son comportement doit être vérifié correctement.

L’état général du tableau

Le contrôleur examine aussi l’état général du matériel, les connexions accessibles, les protections contre les contacts dangereux et les autres points de sécurité pertinents.

Un tableau propre et bien repéré facilite les vérifications et les interventions futures. Mais attention : un tableau bien rangé n’est pas automatiquement un tableau conforme.

Ce sont les caractéristiques techniques et la sécurité réelle de l’installation qui comptent.

4. La mise à la terre : une vérification incontournable

La mise à la terre est un élément fondamental de la sécurité électrique.

Son rôle est notamment de contribuer à la protection des personnes en cas de défaut d’isolement sur un appareil ou un circuit.

Le principe est simple : si une partie métallique accessible devient accidentellement sous tension, les dispositifs de protection doivent pouvoir intervenir dans les conditions prévues.

Le contrôleur vérifie donc les éléments de mise à la terre et de protection concernés par l’installation.

Selon la configuration, cela peut comprendre :

  • la présence et la continuité des conducteurs de protection ;
  • les raccordements de terre ;
  • les liaisons équipotentielles requises ;
  • la résistance de dispersion de la prise de terre, lorsque la mesure est applicable.

La valeur mesurée doit être appréciée au regard des exigences du RGIE et des caractéristiques de l’installation.

Il ne suffit donc pas de voir un fil vert et jaune dans le tableau pour conclure que la mise à la terre est correcte.

C’est un point sur lequel il vaut mieux être particulièrement attentif, car un défaut de mise à la terre peut rester totalement invisible lors d’une utilisation normale des appareils.

5. Les câbles, les prises et les interrupteurs : que regarde-t-il ?

Le contrôleur examine également les éléments qui composent les circuits électriques.

Les sections de câbles

La section des conducteurs doit être adaptée au circuit et à sa protection, conformément aux règles applicables.

Dans une installation domestique, on rencontre notamment des conducteurs de 1,5 mm² pour certains circuits d’éclairage et de 2,5 mm² pour les circuits de prises, selon les conditions et prescriptions applicables.

Le contrôleur vérifie la cohérence entre les caractéristiques des canalisations, leur protection et leur utilisation.

La section ne peut pas être évaluée uniquement à l’œil lorsque les conducteurs ne sont pas accessibles : le contrôle s’appuie alors sur les informations disponibles et les vérifications réalisables.

Les prises de courant

Les prises doivent présenter les caractéristiques de sécurité requises.

Le contrôleur peut notamment vérifier :

  • la présence des contacts de terre requis ;
  • la continuité du conducteur de protection ;
  • l’état du matériel accessible ;
  • la cohérence du raccordement avec le circuit ;
  • le respect des exigences applicables au local et à son environnement.

Il peut également examiner la manière dont les prises sont réparties sur les circuits.

Pour rappel, le RGIE limite à huit le nombre de socles de prises de courant simples ou multiples par circuit terminal dans les conditions prévues pour les installations domestiques concernées.

Une prise multiple compte comme un socle dans ce décompte, même si elle permet de brancher plusieurs appareils.

Les interrupteurs et les points lumineux

Les interrupteurs, les points lumineux et les raccordements accessibles font également partie des éléments susceptibles d’être examinés.

Le contrôleur s’intéresse à leur état, à leur raccordement et aux exigences de sécurité qui leur sont applicables.

Les connexions doivent être réalisées correctement et les conducteurs ne doivent pas présenter de parties dangereusement accessibles.

Enfin, le matériel doit être adapté aux conditions dans lesquelles il est installé : une salle de bains, un garage ou un emplacement extérieur ne présentent pas nécessairement les mêmes contraintes qu’un séjour.

6. La salle de bains et les locaux présentant des risques particuliers

Certaines pièces demandent une attention particulière en raison des influences auxquelles l’installation est exposée.

C’est notamment le cas des salles de bains et des locaux comportant une douche ou une baignoire.

Le RGIE définit des règles spécifiques concernant les volumes de sécurité, le matériel électrique autorisé et les mesures de protection applicables.

Le contrôleur vérifie donc que les équipements et leurs emplacements respectent les exigences correspondant à la configuration des lieux.

Il peut également examiner les liaisons équipotentielles lorsqu’elles sont requises, ainsi que les protections associées.

Les garages, les caves, les buanderies et les installations extérieures nécessitent eux aussi une attention adaptée à leurs conditions d’utilisation.

Une prise adaptée à un séjour n’est pas nécessairement adaptée à tous les environnements. Le choix du matériel et son implantation doivent tenir compte des conditions réelles du local.

7. Le contrôleur réalise aussi des essais et des mesures

Le contrôle ne se limite pas à une inspection visuelle.

Le RGIE prévoit également des vérifications par essais et mesures. Leur nature dépend du type de contrôle, de l’installation et des dispositions applicables.

Parmi les vérifications techniques que l’on peut rencontrer, citons notamment :

  • la mesure de la résistance de dispersion de la prise de terre, lorsque nécessaire ;
  • la vérification de la continuité des conducteurs de protection ;
  • les essais des dispositifs différentiels ;
  • les mesures ou vérifications liées à l’isolement des circuits ;
  • les contrôles nécessaires pour évaluer les conditions de protection contre les défauts électriques.

Ces opérations permettent de vérifier des caractéristiques qui ne peuvent pas être confirmées par une simple inspection visuelle.

Prenons un exemple : un conducteur de protection peut sembler correctement raccordé dans un tableau, mais une mesure de continuité peut révéler un défaut sur le circuit.

C’est pourquoi il est important de ne pas confondre une installation qui paraît correcte avec une installation dont la sécurité a été vérifiée.

Les essais réalisés sont adaptés aux circonstances et aux prescriptions applicables. Le contrôleur ne réalise pas nécessairement toutes les mesures possibles sur chaque installation de la même manière.

8. Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?

Il est difficile d’établir une liste universelle des défauts les plus fréquents, car les installations et leur historique varient beaucoup.

Néanmoins, lors de la préparation d’un contrôle, certains points méritent une attention particulière.

Des documents incomplets ou qui ne correspondent plus à l’installation

Les plans ne sont parfois pas à jour après plusieurs modifications.

Des prises ont été ajoutées, un circuit a été déplacé ou le tableau a été modifié sans que le dossier électrique soit adapté.

Une protection mal adaptée

Le calibre d’un disjoncteur ne correspond pas toujours aux caractéristiques du circuit qu’il protège.

Ce défaut n’est pas forcément visible lors de l’utilisation normale de l’installation, mais il peut compromettre la protection des conducteurs.

Des problèmes de mise à la terre

Un conducteur de protection absent, interrompu ou mal raccordé peut compromettre la sécurité.

La présence d’une prise avec contact de terre ne garantit pas, à elle seule, que la protection fonctionne correctement.

Un tableau modifié sans vérification globale

Au fil du temps, certains tableaux ont été modifiés ou complétés sans que l’ensemble de l’installation soit réévalué.

Un ajout peut sembler simple, mais il faut vérifier la compatibilité avec les protections, les circuits existants et les exigences applicables.

Des équipements inadaptés à leur environnement

Une prise, un raccordement ou un appareil installé dans un environnement humide ou exposé peut nécessiter des caractéristiques particulières.

Ces situations doivent être évaluées au regard des prescriptions applicables au local et au matériel concerné.

L’objectif n’est pas de chercher à tout prix un défaut, mais de s’assurer que les points essentiels de sécurité sont bien maîtrisés.

9. Que se passe-t-il si le contrôle est négatif ?

Un contrôle négatif ne signifie pas nécessairement que toute l’installation est à refaire.

Cela signifie que des infractions ont été relevées et qu’il faut y remédier conformément aux obligations applicables.

La première chose à faire est de lire attentivement le rapport de contrôle. Celui-ci identifie les points à corriger et permet de préparer les travaux nécessaires.

Il est ensuite conseillé de faire intervenir un électricien compétent pour examiner les défauts, déterminer les corrections à apporter et remettre l’installation en ordre.

Les délais dépendent du type de contrôle et de la situation réglementaire.

Par exemple, lors d’une visite périodique d’une installation domestique, les infractions doivent être corrigées et une visite complémentaire doit être réalisée par le même organisme de contrôle agréé dans le délai réglementaire applicable, généralement douze mois.

Pour une nouvelle installation ou une modification importante contrôlée avant sa mise en usage, les infractions doivent être levées avant que la mise en usage soit autorisée.

Lors de la vente d’une habitation ancienne, des dispositions particulières s’appliquent également, notamment en ce qui concerne les responsabilités et les délais de remise en conformité.

Il est donc important de ne pas appliquer automatiquement le délai d’un type de contrôle à une autre situation.

10. Comment bien préparer son contrôle électrique ?

La bonne nouvelle, c’est qu’une préparation sérieuse permet d’éviter certaines mauvaises surprises.

Voici quelques conseils pratiques.

1. Rassemblez les documents disponibles

Préparez le schéma unifilaire, le plan de position et les anciens rapports de contrôle si vous les possédez.

2. Vérifiez que le tableau est accessible

Le contrôleur doit pouvoir examiner le tableau et les dispositifs de protection dans de bonnes conditions.

3. Signalez les modifications réalisées

Si vous avez ajouté des prises, remplacé un tableau ou installé de nouveaux équipements, expliquez-le à la personne chargée du contrôle.

4. N’essayez pas de masquer un problème

Une installation présentant un défaut doit être examinée et corrigée. Cacher une anomalie ne la rend évidemment pas moins dangereuse.

5. Faites vérifier les points techniques en amont

Si vous avez un doute concernant la mise à la terre, les différentiels, les sections de câbles ou la répartition des circuits, faites examiner l’installation par un professionnel compétent avant le contrôle.

Attention : n’ouvrez pas le tableau et ne réalisez pas de mesures sous tension si vous ne disposez pas des compétences nécessaires.

6. Gardez à l’esprit que l’apparence ne fait pas tout

Un tableau récent et bien présenté peut présenter des défauts techniques. À l’inverse, une installation ancienne doit être évaluée en tenant compte des prescriptions qui lui sont applicables et des éventuelles dispositions dérogatoires du RGIE.

Le plus important est de vérifier la conformité et la sécurité réelles de l’installation.


En résumé : que vérifie le contrôleur ?

Lors d’un contrôle électrique domestique en Belgique, le contrôleur examine les documents requis, l’état général de l’installation, les protections électriques, la mise à la terre, les circuits, les canalisations et les équipements concernés. Il réalise également les essais et mesures prévus par les prescriptions applicables.

Le contrôle permet ainsi de vérifier que l’installation répond aux exigences de sécurité du RGIE dans le cadre de l’examen réalisé.

Une installation électrique qui fonctionne n’est pas nécessairement une installation conforme. Et une installation bien préparée ne se résume pas à un tableau propre ou à des prises qui fonctionnent : elle repose sur une conception cohérente, des protections adaptées et une documentation fiable.

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